Crédit photo couverture SIEL AIRM

Lyon est très avancée en matière de transports alternatifs. La notion de plan de mobilité existe dans notre métropole depuis 2006. Le plan de mobilité (anciennement plan de déplacements d’entreprise) est un ensemble de mesures qui vise à optimiser et augmenter l’efficacité des déplacements des salariés d’une entreprise, pour diminuer les émissions polluantes et réduire le trafic routier. Ces bénéfices pour l’environnement et la sécurité routière sont accompagnés d’autres enjeux comme le bien-être au travail des salariés et l’amélioration de l’image de l’entreprise. Cette disposition est devenue obligatoire pour les entreprises de plus de 100 salariés depuis 2018.

Utiliser les transports en commun ou partager le trajet avec d’autres travailleurs sont des exemples courant d’écomobilité. En 2016, le covoiturage domicile-travail dans la métropole a ainsi supprimé 14 000 véhicules par jour, et économisé 8,8 millions de km par mois, et surtout 22600 tonnes de CO2 par an. Tout comme le télétravail représente 400 tonnes de CO2 en moins par an.

Concrètement, on peut faire beaucoup dans le cadre d’un tel plan : plusieurs actions multimodales existent ! C’est aux entreprises de les mettre en place : en premier lieu, transmettre des informations pertinentes pour inciter à laisser la voiture (en cas de pic de pollution, sur l’état de la circulation, ou prenant connaissance du programme fidélité TCL).

Sur la forme, les entreprises vont régulièrement parler des alternatives existantes, challenger leurs salariés, créer pour eux des événements et ateliers et féliciter les comportements responsables. Aussi, rassembler et se coordonner en interne et en externe avec d’autres groupes, en créant des réseaux, des forums, des comités, des associations… élargit la portée de la communication.

On fait donc la promotion des « écomobilités » comme les transports en commun, le vélo et le covoiturage. L’expérience est en permanence facilitée, améliorée : par des outils numériques (application de covoiturage, cartographie des véhicules), des aides financières pour se procurer un vélo électrique, ou encore de la prévention en cas d’imprévus (taxis et tickets TCL à disposition des employés).


A une autre échelle, les travailleurs changent leurs habitudes lors de déplacements professionnels : le train devient le moyen de prédilection, déjà par rapport à l’avion qu’il faut éviter mais aussi la voiture qu’il est tentant d’emprunter (on opère alors un non-remboursement des trajets de plus de 100 km par exemple).

Et rappelons l’aspect sanitaire ! Le train limite les accidents du travail. Un peu de prévention routière peut faire du bien. Le vélo fait faire du sport. Toutes sortes d’actions peuvent être menées (faire télécharger une application qui comptabilise les pas, informer sur les véhicules hybrides et électriques…)



Favoriser l’électrique et l’hybride : les voitures Bluely, en libre-service dans la métropole.

Mais l’information et la sensibilisation ne suffisent pas. Pour imposer le changement, on équipe les sites et les salariés : véhicules de fonction, service de restauration, parkings privés, recharges électriques pour vélos et trottinettes, couverture du « dernier kilomètre » qui sépare les pôles de transports du lieu de travail…

Et parmi les tendances modernes, les modes de travail se retrouvent réorganisés : ainsi des horaires flexibles limitent les problèmes de trafic, le télétravail supprime les déplacements, et les outils en ligne permettent de travailler et de communiquer à distance !

Bien entendu, les espaces de coworking s’inscrivent dans la logique du télétravail : le salarié se débarrasse de la fatigue et du stress des trajets, réduisant au passage le trafic et la pollution ; il organise ses journées lui-même et augmente son bien-être, le tout dans un lieu où il sera plus productif encore que chez lui. Quant en plus, il est accessible en tramway et qu’un garage à vélos est à disposition juste à côté de l’arrêt, c’est une bonne solution pour les habitants des environs qui n’ont pas à se déplacer jusqu’à Lyon.

Quelques exemples autour de chez vous en sont au stade d’expérimentation : les zones commerciales et industrielles constituent des secteurs étendus et longs à parcourir à pied, et il serait dommage d’utiliser sa voiture pour chaque déplacement. Les écomobilités interviennent alors !

Dans la zone industrielle de Meyzieu, la navette électrique autonome Mia circule depuis début mars 2019 sur voie publique (première expérience autorisée pour une si longue durée en dehors de sites privés ou piétons !). Elle parcourt 2,4km autour de la zone d’activités des Gaulnes et effectue des rotations toutes les 15-20 minutes afin de répondre aux enjeux du « dernier kilomètre » des collaborateurs, rejoignant les transports en commun. Elle peut accueillir jusqu’ à 15 personnes.

Sur la zone industrielle Mi-Plaine, pour se déplacer n’importe où à l’intérieur de la zone et pour la rejoindre depuis l’un des points de connexion au réseau TCL ou depuis le centre des communes de Genas, Chassieu et Saint-Priest, TCL a développé un réseau à la demande. Mis en place le 13/11 2019, il permet de réserver en temps réel ou jusqu’à plusieurs semaines à l’avance un trajet dont on choisit les points de départ et d’arrivée.

Quant à l’association des entreprises de Meyzieu, l’AIRM, elle a mis à disposition de ses salariés des vélos en libre-service qui vont leur permettre de se déplacer, pour un montant de 20 € par an, entre le tram et leurs entreprises. Ces vélos recyclés participent à l’économie circulaire en plus de réduire le transport en voiture. Vous en avez peut-être entendu parler, il s’agit de « Vel’Job ». Ses créateurs espèrent répandre le projet ailleurs.